Temps de lecture : 4 minutes
Chaque mois, et en tant que citoyen observateur, je vais me plonger dans une petite analyse des réunions du Conseil Communal d’Engis pour vous apporter un résumé et des réflexions personnelles sur des sujets choisis. Ces rencontres sont le cœur battant de notre vie locale, où se décident des enjeux cruciaux pour notre commune.
Aujourd’hui, je reviens sur les moments clés du Conseil Communal du 29 janvier 2024, couvrant des points de l’ordre du jour ainsi que des sujets d’actualité brûlants.
Commune zéro déchet
L’un des points discutés fut l’avenant 2024 de la convention d’accompagnement Intradel en matière de réduction des déchets. Car Engis est dans la démarche « Commune zéro déchets ». Plutôt positif, le point a été voté à l’unanimité.
Mais quelque chose m’intrigue… Le titre de « commune zéro déchet », est-il juste un titre nominal ou honorifique ? Où se trouvent les actions concrètes en la matière ? Que fait la commune pour mériter ce titre ? Juste laisser Intradel faire 2-3 ateliers d’initiation au zéro déchet ?
En tant que citoyen attentif, je peux vous dire que je n’entends ni ne vois beaucoup d’informations circuler à ce sujet. Ces actions, combinées à un engagement fort des citoyens et des entreprises locales, peuvent pourtant grandement contribuer à réduire la production de déchets et à promouvoir un mode de vie plus durable dans la commune.
https://www.intradel.be/produire-moins-de-dechets/les-communes-zero-dechet.htm
La présence de sangliers à Engis
Cela fait maintenant plusieurs conseils communaux que nous faisons part de notre préoccupation concernant la gestion et les conséquences de la présence de sangliers sur notre commune.
La cohabitation avec la faune sauvage, en particulier les sangliers, est devenue une préoccupation majeure partout en Wallonie, et Engis n’échappe pas à cette réalité. Compte tenu de l’augmentation significative de la population de sangliers, il est impératif que la commune réfléchisse à des solutions appropriées pour minimiser les inconvénients liés à leur présence.
C’est un défi complexe qui nécessite une action réfléchie et coordonnée, avec l’impératif de prendre en considération l’approche zoopolitique pour guider nos actions et décisions. Cela signifie intégrer les intérêts des animaux dans la définition du bien commun, et donc considérer les animaux comme des acteurs à part entière dans notre environnement, avec leurs propres besoins et droits. La cohabitation avec la faune sauvage ne se réduit pas qu’à une question de gestion de trophées ou de nuisances.
Il est certain (et ça dépasse complètement notre commune d’Engis, nous en sommes conscients) que nous devons réinventer notre façon d’aborder la chasse et la gestion de la faune sauvage en Wallonie. Qui est catastrophique tant pour la faune et la flore, que pour les citoyens. Cette volonté de maîtrise totale de la faune et de ses territoires (forêts, plaines, …) aux seules fins d’assurer une pratique de loisir, destructrice et réductrice du vivant, est inquiétante dans la dérive vers une forme de totalitarisme qu’elle porte implicitement. Cet accaparement unilatéral s’accompagne d’une instrumentalisation d’une partie du monde politique qui semble parfois plus soucieuse d’entretenir de bonnes relations avec de fortunés amateurs de chasse que de défendre une gestion multi-acteurs d’espaces naturels à préserver. Le tout, en déniant la montée en puissance des mouvements citoyens de plus en plus critiques par rapport aux dérives de la chasse.
Le collège communal doit prendre en compte dans ses actions tant les besoins des citoyens que ceux des sangliers, et d’engager un dialogue proactif avec les citoyens, notamment avec une communication large et précise (autre chose que le mini tract diffusé sur Facebook) pour trouver des solutions efficaces et durables à ce problème. Le citoyen n’a pas à chercher l’information. L’information doit venir à lui. En tenant compte du contexte wallon plus large et des actions à notre disposition, c’est surtout la prévention qui amenuisera l’impact négatif de ces animaux dans notre commune.
Problèmes de stationnement
Un autre sujet, à la fois d’actualité et historique, c’est le stationnement chaotique dans notre commune.
Avec un nombre croissant de véhicules, il devient difficile de trouver une place pour se garer devant chez soi, surtout à Engis-centre. Cette difficulté peut engendrer un stress et créer une anxiété quotidienne, notamment après de longues journées de travail, et peut conduire à des tensions dans les relations de voisinage et familiales. Les retards fréquents dus à la recherche d’une place peuvent perturber les plans personnels et professionnels, affectant également la qualité de vie.
Autre conséquence : beaucoup de citoyens garent leur véhicule à des endroits non prévus et sur le trottoir, mettant en jeu la sécurité des piétons et parfois même des usagers des transports en commun. Pour ceux-ci, il est crucial que des actions dissuasives et immédiates soient prises. La sécurité de nos concitoyens ne peut pas attendre.
Concernant la problématique du manque de places de parking, malheureusement, il n’y a pas de solution clé en main. C’est l’une des conséquences du développement de la politique « tout à l’auto » en Wallonie. Il est toutefois nécessaire de passer dans les quartiers concernés pour voir au cas par cas ce qui peut être mis en place pour et avec les riverains.
Je vous invite à la lecture de mon dossier sur la mobilité à Engis, où la problématique du surnombre de véhicule y est abordée.
Pollution des Broyeurs à Métaux
Enfin, j’aimerais aborder la question alarmante de la pollution liée au broyeur à métaux local, un sujet récemment mis en lumière par la RTBF. Malgré les normes, les broyeurs à métaux continuent de polluer, avec d’importants dépassements de polluants cancérigènes dans les poussières diffuses.
Connue pour son passé industriel, notamment dans les secteurs de la métallurgie, du charbonnage et de la chimie, notre commune a du mal à se dépolluer. Et ce, malgré les quelques actions de la Région qui font pourtant leur preuve (les filtres pour les cheminées de l’usine concernée par exemple).
La contamination environnementale de notre commune reste vraiment préoccupante.
L’autorité communale a aussi une responsabilité en matière de santé publique sur notre territoire. Mais ses moyens sont limités. Il est donc impératif d’engager une relation proactive et forte avec l’autorité régionale. Monitoring permanent ? Charte environnementale avec les industries de la commune ? En tout cas, il est certain que nous devons mettre en place un plan fort pour réduire la propagation de nouveaux polluants mais également pour atténuer la pollution dite « historique » (c’est-à-dire une pollution de l’environnement qui a eu lieu dans le passé mais qui continue d’avoir un impact sur l’environnement et la santé humaine longtemps après la cessation de ces activités).